Juin 2016 - Tendances

Futur   |  Sécurité & Mobilité

Smart City : les nouveaux enjeux urbains

L’expression « ville intelligente » (smart city en anglais), désigne une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour améliorer la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts. Un concept qui tend à promouvoir un développement citadin apte à répondre à l’évolution ou l’émergence des besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique et social, qu’environnemental.

Répondre aux enjeux de la ville de demain

Le processus d’urbanisation s’accélère et modifie, doucement mais sûrement, le mode de vie des citoyens. Avec plus de la moitié de la population mondiale vivant aujourd’hui en ville, les cités doivent s’adapter aux besoins engendrés par l’augmentation du nombre d’habitants.
Si chaque ville est unique et diffère selon les continents, les responsables municipaux sont confrontés aux mêmes enjeux et doivent résoudre des problématiques similaires pour lutter contre l’explosion démographique, la pollution, la ségrégation… Les villes appellent à des solutions qui exigent une créativité et une innovation hors du commun, provoquant la course aux financements, à l’énergie et aux talents.

 

C’est naturellement dans les villes, centres d’affaires, de culture et de vie que la plupart des principes et des innovations d’une planète plus intelligente doivent s’appliquer, notamment dans l’éducation, la santé, la distribution de l’eau et de l’énergie, la police, le transport et l’administration… Une révolution urbaine qui s’exerce selon trois axes majeurs et fondamentaux : le Big data, le collaboratif et le développement durable.

 

Mais les grandes métropoles seront-elles capables de gérer leur croissance et leur développement d’une façon durable et profitable à tous les citoyens ?

 

Aujourd’hui 27 mégalopoles comptent entre 10 et 20 millions d’habitants et plus de 550 villes sont déjà millionnaires. Cependant, leur répartition géographique est très inégale. Seules 4 mégalopoles se situent dans deux des pays les plus riches : Tokyo et Osaka au Japon, New York et Los Angeles aux Etats-Unis. Alors que la Chine, l’Inde, et l’Afrique se développent de plus en plus vite, le mode de vie des citadins qui y résident se ghettoïse. Bidonvilles, migration, insalubrité, famine… Le développement des mégalopoles impose une réflexion sur le vivre ensemble, aujourd’hui remis en cause par la fragmentation sociale et territoriale. Il y a urgence à réinventer des espaces publics qui prennent en compte les politiques sociales et écologiques, avant que les pires scénarios catastrophes ne se réalisent.   

HiRes

Des précurseurs à la pointe de la technologie

Avant d’être démocratisée par Bill Clinton lors du congrès du numérique de l’entreprise en 2005, la Smart City prenait déjà place, mais sous un autre nom et sur un autre continent. La U-city ou Ubiquitous city est expérimentée en 2002, par les Coréens, avec la construction de la première ville hyperconnectée dans le monde. Depuis lors, 15 nouvelles U-City ont vu le jour. La ville de Songdo, construite en 2003 en Corée du Sud dans la région de Séoul, est de loin le projet coréen le plus cher et le plus ambitieux de la région avec un coût estimé à 35 milliards de dollars.

 

Les U-City sont pensées dans une logique de mutualisation des infrastructures de communication et de partage de l’information. Elles sont souvent les terrains d’expérimentation des opérateurs et équipementiers télécoms qui y voient une opportunité formidable pour y tester grandeur nature la scalabilité de leurs technologies et identifier les usages futurs.

La course à l’innovation

Toutes les grandes mégalopoles partagent aujourd’hui cette même ambition de devenir une Smart City et n’hésitent pas à se lancer dans les projets les plus innovants. Paris, Seoul, Amsterdam, Rio de Janeiro, Seattle… les opérateurs ont de plus en plus de mal à dépasser les limites des villes traditionnelles pour contenter une population urbaine grandissante. Nomadisme, réseaux, trafic, dépendance énergétique, écologie… sont autant d’éléments à intégrer pour bâtir pierre après pierre les murs d’une architecture nouvelle.
Alors que les nouvelles technologies commencent à apporter des réponses à la fracture sociale, économique et environnementale, le concept de villes intelligentes se met petit à petit en place, offrant de nouvelles perspectives. Si le numérique et l’informatique sont capables de rendre le monde meilleur, leur utilisation et intégration au quotidien devient un enjeu majeur de développement.

 

En France, de nombreuses villes se sont d’ores et déjà lancées dans l’aventure : Lyon avec son projet Lyon Confluence (1er lotissement à énergie positive), Issy-les-Moulineaux où un quartier pilote doté de réseaux électriques intelligents a vu le jour, Nice avec son boulevard connecté pour indiquer aux habitants les places de stationnement disponibles, ou encore Paris avec l’application Dansmarue…

Urban connexion

On l’aura donc bien compris, aujourd’hui, être une ville intelligente signifie être une ville connectée : avec des outils tels que l’open data, les technologies numériques et les réseaux télécoms. Si notre entrée dans cette nouvelle ère se fait par étape, elle doit cependant être repensée dans sa globalité en anticipation des usages de demain : économie, mobilité, cohésion sociale, énergie, architecture, culture…

 

Contrôler la totalité des données cumulées par l’ensemble des citoyens et de leur environnement, est loin d’être simple, dans les mégalopoles existantes. Construite à 30 kilomètres d’Abu D’Abi, la ville de Masdar porte l’ambition de devenir la plus grande Smart City du monde avec comme mots clés : empreinte carbone nulle, trafic inexistant, centre économique mondial et incubateur d’idées. Science-fiction ? Une chose est sûre, les nouvelles technologies nous amènent vers des villes de plus en plus contrôlées et ordonnées. On n’arrête pas le progrès !